Technocratie: l’exemple roumain

Il y a un an, la Roumanie faisait un choix radical: la mise en place d’un gouvernement technocratique temporaire

Que s’est-il passé?

Suite à un incendie ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, le gouvernement de l’ancien Premier ministre roumain (Victor Ponta) a été amené à démissionner suite à de nombreuses manifestations. Fatigué par une corruption jugée endémique dans les arcanes politiques et administratives, les différentes manifestations de soutien aux victimes se sont transformées en protestation contre un gouvernement qui avait suscité beaucoup d’espoir.

Suite à la démission du gouvernement, le président de la République roumaine (Klaus Iohannis) a pris la situation en main et a proposé la nomination d’un gouvernement technocratique provisoire pour une durée de 1 an.

Quels objectifs?

Les objectifs fixés au nouveau gouvernement:

  • Recréer la confiance entre le peuple roumain et la fonction gouvernementale
  • Mettre en place certaines réformes au niveau national
  • Renforcer la place de la Roumanie au sein de l’Union européenne
  • Stimuler la croissance économique
  • Lutter contre la corruption

Afin d’aider le nouveau gouvernement dans sa mission, le président de la République a demandé au Parlement roumain de sortir de sa logique partisane afin d’aider à la mise en place des différentes réformes.

Quel gouvernement?

L’ancien commissaire roumain Dacian Cioloş a été désigné Premier ministre. Fils de fermier, il a choisi de nommer des personnalités apolitiques (c’est à dire n’étant affilié à aucun parti politique).

Les finances publiques sont revenues à Anca Paliu-Dragu (une ancienne experte du Fonds monétaire international (FMI)).

Les Affaires étrangères ont été confiées à un diplomate de carrière, Lazar Comanescu, tandis que le ministère de la Défense a été attribué à un ancien ambassadeur auprès de l’UE, puis en Grande-Bretagne, Mihnea Motoc.

Le ministère de la Justice a été attribué à Raluca Pruna (ancienne fonctionnaire européenne)

Experts de l’administration européenne ou anciens dirigeants de grandes entreprises, les membres du nouveau gouvernement se retrouveront rapidement sous la loupe des élus, dont certains ont mal digéré leur mise à écart.

La liste de l’ensemble des personnes composant le gouvernement roumain peut être consulté ici.

 

La viabilité du nouveau gouvernement constituait un grand risque alors que de nombreux parlementaires n’avaient pas digéré la démission de l’ancien gouvernement.

Pour être totalement transparent, il faut aussi indiquer que l’Union européenne a relativement bonne presse en Roumanie et que venir du sérail européen peut apparaître comme un gage de confiance et de compétence auprès de la population roumaine. En effet, pour beaucoup de roumains, l’Union européenne apparaît comme une solution efficace contre la corruption des politiques nationaux.

Quels résultats?

Il est toujours très difficile d’évaluer l’efficacité d’un gouvernement au bout d’un an. Nous ne ferons donc pas de bilan du gouvernement Cioloş. Les électeurs roumains seront les seuls juges lors des prochaines élections.

Néanmoins, le Premier ministre s’est vanté d’un gouvernement « zéro corruption, zéro populisme, zéro mensonge ».

 

N.B: Le but de cet article n’est absolument pas de vanter le principe de la technocratie. La situation intérieure roumaine est différente de la situation française et ne saurait nullement s’en rapprocher. Il s’agit juste de présenter une particularité nationale alors que de plus en plus de gouvernements nationaux jouent sur leur appartenance politique.

 

 

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