Le chèque britannique

A l’occasion du récent article d’Euractiv sur le coût du “chèque britannique” (que vous pouvez consulter ici), le CIED a décidé d’en profiter afin de vous faire découvrir plus en détail ce mécanisme peu connu.

Késako?

Le rabais britannique, plus connu sous le nom de chèque britannique, est une compensation financière que le Royaume-Uni touche de la part des autres Etats membres de l’Union européenne suite au Conseil européen de Fontainebleau de 1984.

Le chèque britannique est la conséquence directe de la célèbre phrase de Margaret Thatcher: I want my money back.

Comment se justifiait-il ?

A l’époque, la Politique Agricole Commune constituait l’essentiel du budget européen (plus de 70%) et le Royaume-Uni était un des principaux contributeurs au budget européen. Cependant, le Royaume-Uni ayant peu de terres agricoles bénéficiant de la PAC, le gouvernement britannique a fait pression afin d’obtenir une compensation. Il ne comprenait pas pourquoi il devait verser plus d’argent qu’il ne recevait de l’Union européenne. De plus, le Royaume-Uni était en récession économique. Les autres Etats membres ont fini par céder au chantage britannique.

Concrètement, le Royaume-Uni se voit rembourser de l’intégralité de son investissement au budget européen par les autres pays membres de l’Union européenne.

Exemple: si le Royaume Uni investit 10 milliards dans le budget européen, il reçoit 10 milliards de la part des autres pays européens et de l’Union européenne (le montant des aides européennes versés au Royaume-Uni est pris en compte dans le montant à rembourser).

Quid d’aujourd’hui ?

Actuellement, le chèque britannique est souvent remis en cause par les autres Etats membres. Alors que l’Union européenne est censée être solidaire (certains Etats acceptent de verser plus que ce qu’ils reçoivent et vice versa), le Royaume-Uni continue à défendre coûte que coûte son chèque britannique.

Alors que la PAC a vu sa part dans le budget européen diminuer (de 70% à 40%), il est difficile pour le Royaume-Uni de maintenir cette explication afin de justifier cette exception. le Royaume-Uni est un des pays les plus dynamique économiquement de l’Union européenne et il est très difficile de comprendre pourquoi il a le droit à un remboursement alors qu’on demande à certains Etats de se serrer la ceinture.

De nombreux Etats membres s’opposent à la logique du chèque britannique. C’est une somme non constructive pour ces Etats car c’est autant d’€ en moins investis dans le budget européen ou dans leurs propres budgets nationaux.

Et la France dans tout ça?

La France est une des victimes du chèque britannique. La France paie d’avantage que ce qui est prévu. Certains Etats comme l’Allemagne ont négocié une diminution de la somme à verser. Ce manque à verser à été réattribué à d’autres pays dont la France. Il s’agissait d’un accord à l’amiable entre Jacques Chirac et Gerhard Schröder afin de faire en sorte que les Allemands acceptent de ratifier le traité de Nice.

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