“Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”

Aujourd’hui, on va s’attaquer à un gros morceau. Une des pierres angulaires de l’argumentation eurosceptique va tomber sous vos yeux. On va l’atomiser, la réduire en miette, en faire du compost. La PLS sera absolue. L’assistance respiratoire sera requise pour tous ceux qui essaieront de reprendre cet argument par la suite

Alors, accrochez votre ceinture et sortez les masques à gaz car aujourd’hui, on va déplacer beaucoup de m*rde!

La citation complète

Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens. On ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’Union européenne.

Jean-Claude Juncker

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On entend que la première partie… Pourquoi?

Seule la première partie de la citation est intéressante pour les europhobes. Coupée du reste, sa signification est complètement différente et va dans leur sens. Voyez ci-dessous:

Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens.

Jean-Claude Juncker

Cela va parfaitement dans le sens d’une Europe anti-démocratique réprimant la démocratie (nationale, cela va de soit). Une phrase prononcée en plus par un fumeur alcoolique notoire qui a été un champion de l’évasion fiscale.

C’est le triomphe du concept de l’UERSS: Une grande construction continentale se faisant sur le dos des gentils peuples démocratiques et fondée sur une logique ultra-capitaliste complètement débridée allant jusqu’à nier la protection de l’environnement. Le pouvoir appartient ainsi à une petite minorité de bankster et de groupuscules secrets œuvrant en cachette à Bruxelles (oooooh les lobbies)…

Ils ont ainsi une citation tout prête qu’ils peuvent réutiliser à volonté afin de contredire n’importe quelle personne qui viendrait essayer de leur expliquer comment fonctionne l’UE. Vu que l’UE est fondamentalement anti-démocratique, il faut donc en sortir. Point, fin de la discussion.

Sauf que…

Sauf que la manœuvre est grossière et les sources sont très claires. Comme d’habitude avec les europhobes, on a affaire à une tentative classique de cherrypicking.

De plus, cette phrase n’est qu’un simple rappel du fonctionnement de l’Etat de droit. En effet, les Etats sont des sujets de droit international. Quand ils s’engagent entre eux, les Etats signent des accords internationaux (qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux) et qu’ils s’engagent à respecter. C’est ce qu’on appelle le pacta sunt servanda.

Un Etat se doit de respecter les accords qu’il a signé, peu importe la couleur du gouvernement au pouvoir. Un Etat, qui ne respecte pas les accords qu’il a signé, provoque beaucoup de tension avec ses partenaires et peut perdre toute forme de crédibilité au niveau international. En effet, pourquoi signer avec un pays spécifique si celui-ci n’en fait qu’à sa tête? Qu’il le veuille ou non, un gouvernement ne peut changer unilatéralement un traité sans demander l’accord aux autres parties.

En critiquant l’Etat de droit, on peut se demander si les europhobes sont en réalité pour le retour de l’arbitraire (le système où on vous jette et laisse croupir en prison juste parce que votre tête ne revient pas à un haut-placé).

Erreur système…

Si on prend la citation complète, Jean Claude Juncker ne fait que rappeler une évidence, du moins pour toute personne qui connaît un minimum le droit: si on veut sortir de l’€, il faut quitter l’UE.

Les traités actuels ne contiennent aucune clause de sortie spécifique de l’Union économique et monétaire ou de l’€. Il n’est donc actuellement pas possible de sortir de l’€ tout en restant dans l’UE. Cela ne veut pas dire que ça ne peut pas exister. Pour avoir une telle possibilité, il faudra soit créer un nouveau traité, soit réformer les traités actuels.

Et pour tous ceux qui commencent déjà avec “oui mais il faut l’unanimité. Il y a 28 états, c’est pas possible… article 48… Lisez donc l’article ci-dessous:

Moralité…

Game over pour cette accusation ridicule. Elle s’efface devant la réalité du droit (une notion avec laquelle les europhobes ont beaucoup de mal).

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Le cadeau bonus

Nos lecteurs les plus assidus le savent, il y a toujours un petit cadeau bonus pour ceux qui ont eu le courage de nous lire jusqu’au bout.

Cette fois-ci, nous vous proposons de visualiser la douleur que vous allez infliger à tous les rageux qui ressortiront cet argument.

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