L’Estonie prendra au 1er juillet prochain la tête du Conseil de l’Union européenne pour 6 mois. L’Estonie succèdera ainsi à la petite île de Malte. Profitons de cette occasion afin de faire un point sur quelques éléments marquants caractérisant ce jeune pays.

Une classe politique jeune

Un des faits frappants en Estonie est la “jeunesse” de la classe politique. La Présidente estonienne (Kersti Kaljulaid) est âgée de 47 ans. Elle était la plus jeune chef d’Etat d’un pays de l’Union européenne en fonction avant l’élection d’Emmanuel Macron.

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L’actuel Premier ministre estonien (Jüri Ratas) est âgé de 38 ans

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L’ancien Premier ministre estonien était devenu Premier ministre à l’âge de 34 ans.

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Un pays numérique

La Commission européenne publie chaque année une évaluation sur les pays européens les plus numériques. Ont été pris en compte plusieurs critères comme la possibilité de faire des démarches administratives en ligne, les usages d’internet, la sensibilisation et la formation des citoyens au numérique…

Il est frappant de voir à quel point le numérique a influencé la vie des Estoniens. L’Estonie est le premier pays à être couvert à 100% par le wifi public gratuit. 96 % des foyers paient leurs impôts en ligne, 99,8 % des transactions bancaires sont dématérialisées.

Il est très rare de payer par chèque là-bas. L’ensemble des transactions se font soit par carte bleue, soit par paiement dématérialisé. Par exemple, le règlement du stationnement sur la voirie publique se fait par téléphone portable. Il n’ont pas le système de parcmètre français.

Même le vote lors des élections peut se faire par internet.

Les estoniens ont l’habitude de dire qu’il est nécessaire de se déplacer en personne que pour se marier, divorcer ou acheter une maison.

Des services publics passés au tout numérique

Si L’Estonie est classée 9ème pays le plus numérique selon la Commission européenne, elle est en tête concernant les services publics. Il est possible de faire plus de 96% des démarches administratives de chez soi, derrière son ordinateur.

C’est un héritage de la communisme. A la chute du communisme, tout était à construire et s’est posée la question de comment rendre accessible les services à l’ensemble de la population. Le coût d’installation de différents services publics et privés (comme des bureaux de banques, des antennes administratives…) était si élevé qu’il aurait pu ruiner ce tout jeune pays. Le secteur privé s’est alors engouffré dans la voie du numérique, suivi de près par les autorités publiques. En contrepartie, le gouvernement a accéléré le déploiement et la mise en place d’ordinateurs accessibles en libre-service dans les lieux publics existant. Tout a été fait pour faire en sorte que le citoyen estonien ait le moins besoin de bouger pour effectuer ses démarches.

La carte d’identité électronique estonienne (ou ID-Card) est ainsi une des plus belles réalisations en la matière. Créée en 2002, elle permet de concentrer plusieurs papiers en un. Elle sert à la fois de carte d’identité, de carte vitale, de permis de conduire, de carte de vote… Elle permet aussi d’accéder à certains services comme la location de livres ou l’enregistrement de ticket de transport. Doté d’un système de double sécurité, elle permet d’identifier un citoyen en ligne avec une sécurité suffisante tout en garantissant le respect de ses données personnelles.

Un pays à la pointe de la cybersécurité

Suite à une cyberattaque en 2007, l’Estonie a entrepris une vaste campagne afin de renforcer ses capacités en matière de cyberdéfense. L’excellence de l’Estonie en matière numérique a même poussé l’OTAN a installé son Centre d’excellence de cyberdéfense coopérative. Ce Centre a pour but d’étudier les nouvelles méthodes d’attaques informatiques et de développer des contres-mesures ainsi que de former des personnels civils et militaires de l’ensemble des pays appartenant à l’OTAN.

Il a notamment publié le Tallin Manual 2.0 qui regroupe dans un seul document l’ensemble des règlementations et législations internationales qui s’appliquent au cyberespace.

Un pays dépendant de la défense européenne et internationale

Suite aux dernières velléités de la Russie, l’Estonie a fait un appel à la communauté internationale afin de l’aider à assurer la défense de son territoire. Elle accueille actuellement une force internationale de troupes militaires présentes pour l’aider à se préparer à une attaque russe. La France, dans ce cadre, a ainsi envoyé 300 hommes pour aider l’Estonie.

Une économie basée sur la high-tech numérique

Les ingénieurs estoniens ne sont pas en reste en terme de numérique. Ce sont des notamment des ingénieurs estoniens qui ont crée le logiciel de visioconférence Skype. Les locaux de l’entreprise se situent toujours en Estonie.

Le gouvernement estonien se sachant dépendant de l’économie numérique, tout un ensemble de mesure a été mis en place afin de faciliter la création et le développement d’entreprises dans ce secteur. Il est même possible d’obtenir un visa de résident numérique permettant à des entrepreneurs de faciliter leurs démarches de création d’entreprise à distance avec les autorités estoniennes.


Sources:

La Tribune

Ouest-France

Le Parisien

La Tribune


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