Dommage collatéral suite au vote du Brexit, le petit territoire sous souveraineté britannique de Gibraltar se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs diplomatiques européens.

 

Tout est parti d’une petite phrase sarcastique d’un Lord britannique: « Cela fait 35 ans cette semaine, une autre Première ministre (Margaret Thatcher) a envoyé une force expéditionnaire à l’autre bout du monde pour défendre la liberté d’un autre petit groupe de Britanniques contre un autre pays hispanophone » (Michael Howard).

Petit rappel: Gibraltar, c’est là:
Gibraltar in European Union (zoomed)

Un frêle rocher sur le chemin de la tempête?

gibraltar photo

Il faut bien comprendre que la position de Gibraltar est devenue, suite au Brexit assez intenable. L’appartenance de Gibraltar à l’Union européenne via le Royaume-Uni ainsi que le laxisme des autorités espagnoles sur le contrôle de la frontière avaient permis à Gibraltar de profiter de sa position privilégiée pour pouvoir développer son économie.

Malgré la crise qui a durement frappé l’Espagne, Gibraltar a continué à prospérer grâce à plusieurs éléments qui lui sont propres:

  • un faible taux d’imposition sur les sociétés de 10% (qui fait passer Gibraltar pour un paradis fiscal selon certains)
  • l’accès au passeport financier
  • Pas de TVA à régler
  • L’accès au marché unique européen
  • La libre circulation pour les ressortissants européens

L’économie de Gibraltar est donc basée sur:

  • Les services bancaires et financier
  • Le tourisme
  • Les jeux en ligne
  • Le port

Autant dire que Gibraltar est donc largement tributaire de son accès à l’ensemble des acquis européens. Si personne ne semble vouloir imaginer un scénario où Gibraltar serait complètement coupé de l’Union européenne, il suffit de se souvenir du début de crise diplomatique qu’avait provoqué l’Espagne en appliquant enfin complètement la législation Schengen à Gibraltar (c’est à dire la mise en place des contrôles à la frontière entre l’Espagne et Gibraltar). Le retour et l’intensification récente des contrôles commence même à inquiéter le gouvernement local.

L’Espagne, arbitre final?

Si un pays se frotte les mains, il s’agit bien de l’Espagne. Cela fait plusieurs années que l’Espagne essaie de récupérer la souveraineté de Gibraltar malgré le refus de la population locale. Lorsque le Royaume-Uni aura fini les négociations et appliqué l’accord de sortie, Gibraltar se retrouvera dans la situation d’un vulgaire Etat tiers qui ne pourra compter que sur son lointain allié britannique. Si l’accord de sortie ne devrait pas poser de souci, celui de partenariat qui liera le Royaume-Uni à la nouvelle UE à 27 pourrait se voir bloqué par l’Espagne. Cette simple pensée provoque des sueurs froides à Gibraltar et ce ne sont pas les récentes déclarations de Donald Tusk (président du Conseil européen) qui vont apaiser la situation.

Il y aura-t-il une nouvelle guerre entre le Royaume-Uni et un pays hispanique? On ne le souhaite pas et seul l’avenir nous le dira. Mais cet exemple rappelle avec toujours plus d’insistance que le premier objectif de l’Union européenne reste la paix.

Finalement, comme le disait Rambo: “c’était pas ma guerre” et on n’espère que ce ne le sera jamais.

En savoir plus

Les échos