Ce n’est pas l’argent des français

On reprend notre série d’articles visant à infliger des PLS cosmiques à la secte U*R en souillant comme il se doit un de leurs arguments fétiches.

La victime à venir

La France verse 23 milliards par an à l’UE. Elle en reçoit 14 milliards. C’est l’argent des français!

En fonction des moutons de Panurge qui vous sortiront cet argument, la version pourra varier mais l’extrait ci dessus représente le fond du propos.

Valeur juridique de l’argument?

Aucune. Il s’agit d’un sophisme et voilà pourquoi!

Ça veut dire quoi?

L’argument se décompose en 3 parties:

  • la France verse 23 milliards par an à l’UE
  • La France reçoit 14 milliards par an de l’UE
  • C’est l’argent des français

Le petit problème:

Personne ne remet en cause le fait que la France est un contributeur net. On entend par contributeur net le fait qu’un pays donne plus que ce qu’il reçoit. Les pays qui reçoivent plus d’argent européen que versé sont qualifiés de contributeurs nets. Cela ne pose pas de problème pour l’UE car le budget européen n’est pas un jeu à somme nulle. Une des valeurs de l’UE est la solidarité et celle-ci s’exprime notamment à travers les fonds européens. La plupart des fonds européen sont orientés à destination des pays qui en ont le plus besoin.

L’échelle de grandeur de 23/14 reste sujet à discussion. En fonction des documents et des échelons auxquels on se situe, on peut obtenir des résultats différents.

Le gros problème:

Le gros problème vient de la dernière partie de l’argument : C’est l’argent des français. A quelle partie du reste de l’argument s’applique-t-il? A la 1ère ou à la 2ème acception? S’il s’applique à la 1ère ( la France verse 23 milliards d’€ par an), alors c’est un non événement. C’est admis depuis bien longtemps et cela correspond à l’application financière du pacta sunt servanda (principe de droit international).

Si l’argument s’applique à la 2ème acception, on est alors face à une hérésie qui ne peut exister. On vous explique cela ci-dessous.

Pourquoi ce n’est par l’argent des français

Dire qu’il s’agit de l’argent des français revient à indiquer une marque de propriété sur l’argent. C’est l’argent qui appartient aux français.

On ne va pas vous faire un cour sur les caractéristiques de la propriété monétaires mais elles restent assez proches de la propriété privée telle que prévue dans le droit français.

L’anecdote pour se la péter en soirée

En France, le droit de propriété est notamment garanti par l’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC). Classiquement, le droit de propriété est composé de 3 éléments

  • l’usus: le droit d’utiliser le bien dont on est propriétaire.

  • l’abusus: le droit d’abuser du bien concerné. Cela peut aller d’une modification non prévue à la base jusqu’à la destruction complète du bien concerné

  • le fructus: le droit de faire fructifier le bien concerné.  Il peut s’agir d’un placement ou d’une location du bien en question.

En droit de propriété, le propriétaire d’un objet change dès que l’objet est transféré définitivement à une autre personne.

Exemple concret: lorsque vous retirez des billets au distributeur, vous devenez propriétaire des billets au moment où vous avez fini la transaction et que les billets sont dans votre main. C’est seulement à ce moment là que vous avez la possibilité d’utiliser le billet, de lui écrire dessus, de le déchirer ou de le jeter à la poubelle.

Dans notre exemple, à partir du moment où l’argent français est versé sur le compte de l’Union européenne, alors cet argent appartient à l’UE. Tout versement qui est donc fait par l’UE se fait donc au nom de l’UE.

Le contre-exemple qui ne marche pas

Certains pourront répliquer que si l’on respecte à la lettre le raisonnement ci-dessus, l’argent devient français à terme lorsqu’il finit sur le compte de la France. Une rapide connaissance du mode de fonctionnement des subventions de l’UE permet de contredire complètement ce pseudo-argument.

Quand l’UE finance une structure, le financement se fait toujours en deux temps: il y a un acompte et le solde après bilan. Même lorsque le solde final a été versé, l’UE dispose toujours d’un droit de regard pendant plusieurs années afin de procéder à des contrôles et s’assurer que la subvention européenne ait été correctement utilisé.

L’expérience qui tue

Si malgré toutes les explications fournies ci-dessus vous n’arrivez toujours pas à être convaincu ou à convaincre, il est temps de passer aux travaux pratiques.

Nous vous invitons à réaliser une petite expérience chez vous. Réunissez quelques rageux de l’U*R (4 ou 5 devraient faire l’affaire). Donnez leur à chacun un billet de 5 euros. Demandez leur de bien observer leur billet. Demandez leur de plier en 4 leur billet en suivant un sens précis et de le mettre dans un chapeau. Prenez le chapeau et mélangez les billets. Renversez le chapeau sur une table. Demandez à chaque participant de retrouver le billet qu’il a mis. Observez leurs visages perplexes quand ils essaieront de retrouver le billet correspondant.

Certains objecterons que l’expérience est truquée car il s’agit de billets de 5 euros. Le but de cette expérience est de faire une analogie. Dans la réalité, on passe par des virements bancaires de sommes beaucoup plus importantes (en milliards d’euros) et qui finissent toutes sur le même compte en banque.

On plonge en absurdie

Retournons le problème. Admettons l’argument. Mais poussons la logique de celui-ci jusqu’au bout. Si l’on admet que votre argent appartient effectivement à celui qui vous l’a versez, cela veut dire que celui-ci peut en faire ce qu’il veut et vous le retirer alors même que vous êtes en train de l’utiliser.

Par exemple, cela voudrait dire que votre employeur a le droit de vous ponctionner votre salaire à sa guise et sans la moindre justification alors que la gratification vient de finir sur votre compte en banque.

Cela veut aussi dire que votre banque a le droit d’envoyer les forces de l’ordre pour vous arrêter alors que vous êtes en train de payer le montant de vos courses.

Personne n’imagine que des situations aussi ubuesques puissent arriver. Admettre que les 14 milliards d’euros versés à la France par la France est l’argent des français revient à admettre ce genre de situation.

Les statistiques de l’amour

Une autre manière de comprendre l’argument “C’est l’argent des français” pourrait être de dire que les 14 milliards versés à la France sont effectivement issu des 20 milliards versés à l’UE. Si tel est le cas, alors on pourrait effectivement considéré qu’il s’agit bien de l’argent des français.

Le hic est qu’une telle probabilité est proche du néant existant. Après un rapide calcul, la probabilité est de 0.00000000000000000000000495%.

Le sophisme du compte fantôme

La dernière ligne de défense que les idiots de l’U*R utiliseront sera d’essayer de faire un rapport fictif entre 23 milliards et 14 milliards. Si l’UE ne reverse à la France que 14 milliards, ce serait bien parce que les  14 milliards sont effectivement issus des 20 milliards données à l’UE.

Le problème avec ce genre de raisonnement est qu’il occulte grandement la réalité des faits. L’UE a un budget annuel (pour 2014 – 2020) d’environ 150 milliards d’€. Les Etats y contribuent en grande partie. L’UE dispose de certaines ressources propres.

Quand la France verse les 23 milliards à l’UE, ceux-ci arrivent sur le compte en banque de l’UE. Ils vont donc être mélangés avec les contributions des autres. Les 14 milliards ne sont pas issus des 23 milliards de la France mais des 150 milliards de l’UE. Trouver un lien d’origine direct entre les 23 et 14 milliards revient juste à nier la réalité même.

Conclusion

On pourrait continuer pendant longtemps mais la PLS infligée est absolue.

 

 

Bien évidemment, n’oubliez pas de dislike cet article et de le partager auprès de tous les haters de l’UE. Pour tout ceux qui ont envie de nous hurler qu’on raconte de la merde, vous pouvez le faire ici.